EN FINIR AVEC LES MYCOSES VAGINALES A REPETITION

Les mycoses vaginales concernent 75% des femmes et la grande majorité d’entre elles en font moins de 4 fois par an qui se soignent très bien.

Mais 5 à 10% de ces femmes souffrent de mycoses vaginales récidivantes dont elles peinent à se défaire. Certaines d’entre elles déclarent avoir des symptômes tous les mois et bien souvent la semaine avant ou après les règles. On parle alors de mycoses vaginales chroniques.

Ces femmes entrent alors dans un tout autre univers. Les témoignages de mes consultantes concernées par ces récidives sont édifiants : manque d’écoute, ignorance de leur souffrance, errance médicale pendant des années, sans réelle prise en charge.

Certaines d’entre elles vivent cette pathologie comme « honteuse », qui leur renvoie une mauvaise image d’elles-mêmes, gâche leur épanouissement sexuel au sein de leur couple. A force de traitements successifs sans succès, elles ne savent plus à qui s’adresser. Cette situation les plonge dans une grande détresse. 

Nous allons voir dans cet article, à partir de quel moment on considère qu’il s’agit de mycoses vaginales chroniques, quelles sont leurs causes, et enfin, aborder les solutions naturelles pour s’en libérer et retrouver une vie normale.

Mycoses vaginales chroniques ? De quoi s’agit-il ?

On parle de mycoses vaginales chroniques à partir du moment où elles surviennent plus de 4 fois /an.

Le champignon responsable de ces mycoses est le plus fréquemment le Candida Albicans, mais il peut également s’agir d’autres espèces comme le Candida Glabatra ou le Parapsilosis.

Les traitements proposés, ces antifongiques classiques (ovules et crèmes) qui se révèlent tout à fait efficaces pour une mycose vaginale isolée et avérée par un prélèvement vaginal, ne constituent plus alors un remède adapté.

Tout d’abord, ces traitements ne résolvent en rien la cause de leur présence. De plus, s’ils sont trop souvent répétés, ils deviennent dangereux car ils fragilisent considérablement la muqueuse vaginale ainsi que la flore vaginale.

Ces traitements successifs aboutissent alors à une inflammation de la muqueuse vaginale, des démangeaisons et irritations plus importantes, qui favorisent la récidive des mycoses.

On conseille alors à mes consultantes un énième traitement par ovules, crèmes ou antifongique par voie orale. Ce qui invariablement provoque une récidive plus importante dès la fin de ce traitement.

Cette situation aboutit à un cercle vicieux dont certaines femmes ne voient pas l’issue.

Pourquoi faire des prélèvements vaginaux ?

Une mycose vaginale ne se détecte pas à l’œil nu ! Il peut y avoir des démangeaisons, des pertes, des  irritations sans que les prélèvements ne révèlent la présence d’une mycose vaginale.

Il peut s’agir de vaginose bactérienne, d’irritation de la muqueuse vaginale, ou d’une autre pathologie virale, dermatologique (eczéma, lichen vulvaire, psoriasis).

Le prélèvement vaginal permet de savoir s’il s’agit vraiment d’une mycose vaginale avec la mention de la présence de levures, de colonies de Candida Albicans (ou autres), et éventuellement de la présence de filaments mycéliens.

Par ailleurs, et cette donnée est tout aussi capitale, il nous renseigne sur l’état de votre microbiote vaginal, la flore Doderlein, en déterminant un score de Nugent.

Ce score est établi de 0 à 10 comme suit :

  • De 0 à 3 : Flore normale
  • De 4 à 6 : Flore intermédiaire
  • De 7 à 10 : Flore détériorée ou absente

Ces informations sont très importantes car elles me permettent de déterminer s’il est nécessaire de rééquilibrer en profondeur l’écosystème vaginal.

Les causes des mycoses vaginales chroniques

Déterminer leur cause est très importante pour parvenir à s’en libérer. Ces causes sont bien souvent multifactorielles :

  • Traitements trop fréquents avec altération de la muqueuse vaginale,

  • Changement fréquent de partenaire sexuel,

  • Traitements antibiotiques trop nombreux et administrés dès le plus jeune âge,

  • Alimentation trop sucrée et trop industrielle,

  • Bouleversement hormonal : grossesse, ménopause

  • Chocs émotionnels, stress,

  • Troubles digestifs,

  • Troubles du comportement alimentaire (TCA), boulimie, anorexie,

  • Contraception inadaptée,

  • Maladies inflammatoires auto-immunes, endométriose, cystites chroniques, SOPK (syndrome des ovaires polykystiques), SPM (syndrome prémenstruel) etc…

Vous l’avez compris, on peut tout à fait avoir des envies de sucre, de l’endométriose, du stress… et des mycoses vaginales chroniques.

Le lien entre les troubles digestifs et les mycoses vaginales

Vous avez des problèmes digestifs depuis des années (ballonnements, alternance diarrhées / constipation) et des mycoses vaginales chroniques ? Il est impératif de s’occuper de votre flore intestinale car celle a un lien étroit avec votre flore vaginale.

Envies impératives de sucres et d’aliments contenant des levures comme le pain, les pizzas, les gâteaux ? Sensation de fatigue chronique et de brouillard mental permanent ?

Cela révèle probablement que les champignons se développent anormalement dans les intestins en colonisant les bonnes bactéries. On parle alors de Candidose Digestive ou de SIFO.

Quel est le rapport entre les troubles digestifs et les mycoses vaginales ?

Les champignons (Candida Albicans ou autres), présents en surnombre dans le système digestif migrent vers la flore vaginale via le rectum.

La flore vaginale, aussi appelée flore de Doderlein contenant des bonnes bactéries de type lactobacillus ne résistent pas à cette invasion et disparaissent au profit des colonies de Candida Albicans.

Pour venir à bout des mycoses vaginales chroniques, il est donc nécessaire de rééquilibrer la flore vaginale en favorisant le retour des bonnes bactéries comme les Lactobacillus Rhamnosus, Crispatus, Jensii, Lactobacillus…

Comment rééquilibrer son écosystème vaginal ?

En fonction de la cause du déséquilibre, nous entreprenons, avec ma consultante de travailler sur plusieurs axes possibles :

Est-il nécessaire de prendre des compléments alimentaires ?

Même si les conseils en alimentation ou hygiène de vie sont très importants et précieux, il est bien souvent  nécessaire d’établir des protocoles d’une durée environ de 3 à 6 mois (selon les cas)  avec des compléments alimentaires en vue de :

  • Réparer la muqueuse intestinale, calmer l’inflammation digestive et les intolérances alimentaires

  • Calmer les envies de sucre

  • Conseiller des compléments antifongiques naturels (qui s’attaquent à la prolifération des champignons et aux biofilms)

  • Repeupler les microbiotes (intestinaux et vaginaux) avec des probiotiques spécifiques

  • Conseiller les meilleures crèmes ou mousses lavantes à appliquer localement pour calmer les irritations, réparer les tissus abîmés, réduire les pertes et démangeaisons.

Bien entendu ces protocoles sont établis sur mesure en fonction de chaque cas. Chacune à sa problématique, et je m’attache à conseiller chacun des produits avec pertinence dans un souci d’efficacité optimale. Je vous conseille donc de prendre rendez-vous pour vous conseiller au mieux.


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