LE SYNDROME GENITO-URINAIRE DE LA MENOPAUSE (SGUM)

Mes conseils naturels pour vous accompagner

Le syndrome génito-urinaire de la ménopause, souvent appelé SGUM, est malheureusement peu connu des femmes ménopausées, alors qu’elles sont nombreuses à en connaître les symptômes.

Le SGUM désigne un ensemble de troubles liés aux changements hormonaux, notamment la carence en œstrogènes, ou après une ablation des ovaires, une chimiothérapie ou une radiothérapie pelvienne). La production d’oestrogènes chute brutalement entraînant de nombreuses conséquences.

Le SGUM peut affecter la santé intime et urinaire, entraînant sécheresses, gênes ou infections répétées comme des cystites à répétition, des vaginoses bactériennes ou encore des mycoses vaginales.

Je vous propose de mieux connaître les conséquences de ce syndrome pour comprendre ce qui se joue dans votre corps, et trouver des solutions naturelles pour soulager votre quotidien, et vivre votre ménopause plus sereinement.

1.     Les causes principales du SGUM

Le SGUM est principalement lié à la baisse naturelle des hormones, surtout les œstrogènes, pendant et après la ménopause. Cette chute hormonale provoque un amincissement des muqueuses vaginales et urinaires, une diminution de la lubrification, ce qui entraîne inconfort et irritation.

La carence en oestrogènes provoque une atrophie (amincissement) des muqueuses vaginales, vulvaires et urinaires, ainsi qu’une diminution de la lubrification vaginale provoquant une baisse de sécrétion de glycogène, une baisse de la production d’acide lactique, entraînant une altération de la flore vaginale, plus exposée au développement d’infections et/ou de mycoses vaginales.

Les oestrogènes jouent un rôle clé dans l’épaisseur des muqueuses vaginales et urinaires, la vascularisation des tissus pelviens, le maintien du pH vaginal (normalement acide entre 3,8 et 4,5), et la sécrétion du glycogène.

2.     Les nombreux symptômes du SGUM

Les symptômes apparaissent progressivement, souvent 2 à 5 après la ménopause, mais peuvent également survenir dès la péri-ménopause.

Voici les 3 symptômes principaux :

 

a)    Atrophie vaginale :

Ces symptômes souvent sous-estimés ou attribués à tort à un vieillissement normal.

·        En premier lieu nous avons la sécheresse vaginale provoquant des tiraillements, brulures ou démangeaisons au niveau du vagin. Les rapports deviennent alors douloureux sans lubrification.

·        L’atrophie vaginale peut également provoquer un prurit vulvaire provoquant des démangeaisons de la vulve parfois aggravées pendant la nuit. Cela peut provoquer des lésions sur la muqueuse.

·        Vaginoses bactériennes et/ou mycoses vaginales : le déséquilibre de la flore protectrice de Doderlein favorise le développement des bactéries pathogènes (ex : Gardnerella vaginalis) provoquant des pertes malodorantes et/ou des mycoses à Candida Albicans ou Glabatra provoquant des pertes non odorantes, accompagnées dans les deux cas de démangeaisons.

·        La finesse des muqueuses peut provoquer des saignements post-coïtaux par frottements.

·        A terme, cette atrophie provoque un rétrécissement du vagin et une perte d’élasticité (sténose vaginale) provoquant des douleurs lors de la pénétration, voire impossibilité d’avoir des rapports.

·        Enfin, l’atrophie vaginale peut être responsable d’un prolapsus génital, soit une descente d’organes (utérus, vessie, rectum) due à l’affaiblissement des ligaments pelviens. Le principal symptôme du prolapsus est une sensation de boule dans le vagin ou une pesanteur pelvienne.

 

b)    Symptômes urinaires (atrophie urétrale et vésicale)

L’atrophie touche également la vessie et l’urètres entraînant :

-         Une dysurie, c’est-à-dire une difficulté à démarrer la miction ou un jet urinaire faible, ce qui provoque un inconfort quasi permanent et une sensation de vidange incomplète.

-         Une pollakiurie, soit une envie fréquente d’uriner (même avec une vessie quasiment vide) ce qui peut entraîner des troubles du sommeil

-         Le besoin urgent d’uriner (urgenturie) et imprévisible à retarder avec des risques de fuites urinaires

-         L’incontinence urinaire, soit des fuites incontrôlées suite à une toux, un éternuement, un rire ou un effort musculaire type sport ou danse. L’incontinence urinaire provoque une gêne sociale, un isolement.

-         Les infections urinaires à répétition apparaissent alors, liées à la modification du pH vaginal et à la proximité anus-vagin. Ces cystites peuvent être bactériennes ou abactériennes c’est-à-dire qu’elles sont uniquement dues à l’inflammation causée par le SGUM. On parle alors de brulures mictionnelles à ne pas confondre avec une infection urinaire.

 

c)     Symptômes sexuels et psychologiques

-         Baisse de la libido liées aux douleurs et à la sécheresse vaginale

-         Anorgasmie : Difficulté ou impossibilité à atteindre l’orgasme, entraînant une frustration et une perte de confiance en soi.

La carence en oestrogènes a également un lien direct avec l’axe intestin-cerveau provoquant :

-         Troubles du sommeil également liés aux symptômes urinaires

-         Anxiété ou dépression également liées à la gêne, à la douleur, ou à la perte d’estime de soi

LA QUESTION DU TRAITEMENT HORMONAL SUBSTITUTIF

Un THS apportant des œstrogènes et de la progestérone, peut véritablement soulager le SGUM et permettre aux femmes ménopausées de mieux vivre cette période de leur vie.

La prise de ce traitement est évidemment à discuter avec votre médecin traitant ou votre gynécologue, mais en tant que naturopathe -et cela va peut-être vous surprendre- je le conseille vivement aux femmes qui peuvent le prendre.

Une étude américaine datant de 2002 (Women’s Health initiative) a donné des résultats alarmants largement médiatisés avec particulièrement un risque accru de cancer du sein et augmentation de thromboses veineuses.
Cette surmédiatisation a fait peur et a même incité les médecins et gynécologues à moins prescrire ce traitement. Résultat, en France, le THS a alors chuté de 60% entre 2002 et 2005. Aujourd’hui, seulement 4,4% des femmes ménopausées bénéficient du THS alors qu’en 2002 elles étaient 25%.

Or cette étude était basée sur des oestrogènes et progestatifs de synthèse alors que le THS, contrairement à la pilule contraceptive, est constitué de molécules bio-identiques donc plus naturelles et mieux tolérées. Elles sont donc métabolisées comme une hormone naturelle. Même si le risque de cancer du sein et de thrombose n’est pas nul, il est considérablement moins élevé. Comparé aux bénéfices que ce traitement apporte aux femmes, franchement, je vous conseille d’en discuter avec votre gynécologue.

3. Quelles solutions complémentaires peut apporter la naturopathie ?

La naturopathie n’a jamais été aussi importante pour les femmes ménopausées. Elle propose un panel de solutions ciblées et adaptées qui ont fait leur preuve pour accompagner et améliorer la vie des femmes ménopausées.

Pour améliorer le confort intime, l’alimentation joue un rôle clé : privilégier les aliments riches en phyto-œstrogènes (comme le lin, le soja fermenté), en vitamines E et C, oméga-3, aide à nourrir la muqueuse.

Les huiles d’onagre et de bourrache (oméga 6 spécifiques) vont aider également à nourrir les tissus et équilibrer le système hormonal.

On peut utiliser des plantes phyto-hormonales comme l'alchémille, la réglisse douce ou le gattilier pour soutenir l’équilibre hormonal.

Ces plantes vont réduire le risque d’atrophie vaginale et urinaire.

Pour lutter contre les infections vaginales et/ou urinaires il sera toujours intéressant d’avoir recours à des probiotiques oraux ou vaginaux et apporter de la D-Mannose pour lutter contre les bactéries pathogènes.

Par ailleurs, le renforcement du périnée par des exercices doux aide à prévenir certains troubles urinaires. Une bonne hygiène intime, sans produits agressifs, et la gestion du stress (yoga, méditation) complètent efficacement cette prise en charge naturelle.

 


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